
DE LA DE-COLONIALITÉ A LA COOPÉRATION INTERNATIONALE ? Une virginité retrouvée ou Réelle volonté d'un monde plus solidaire et inclusif ?
mardi 06 mai 2025- Heure de début / 15:00 A.M
- Heure de fin / 17:00 A.M
2025/05/06 15:00:00
Détails de l'évènement
La révélation d’une réalité implacable questionne la possibilité ou l’impossibilité de mettre en œuvre de véritables coopérations entre peuples et entre savoirs épistémologiques différents :
Les promesses de la modernité (le salut, le progrès, la civilisation, le développement) avancées par le colonialisme, n’étaient que des justifications masquées de la colonialité (c’est-à-dire de la domination, de l’exploitation et de l’oppression).
Le concept de colonialité a été introduit précisément pour rendre visible deux réalités cachées :
- Il existe une logique commune à tous les colonialismes occidentaux (ibérique, français, britannique, hollandais et nord-américain, mais aussi ceux moins étendus de l’Allemagne, de l’Italie et de la Belgique bruxelloise)
- La colonialité est l’envers obscur de la modernité occidentale.
Éléments théorique et conceptuels
Les travaux du sociologue péruvien Aníbal Quijano dans ses écrits « Coloniality and modernity/rationality » [1992], sont éclairants sur la colonialité. Le concept de colonialité implique trois mouvements :
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la colonialité est déjà à ses débuts, un concept décolonial ;
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la colonialité se réfère à la logique sous-jacente au colonialisme nord-atlantique, c’est-à-dire à un colonialisme de conquête et de peuplement qui remonte au moins à 1500, mais elle concerne également les colonialismes sans peuplement
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la colonialité est la face sombre de la modernité occidentale, ce qui veut dire qu’il n’y a pas de modernité sans colonialité. Conséquence: La colonialité est partout, donc la décolonialité doit, elle aussi être partout.
Modernité/Colonialité, décolonialité
La colonialité concerne la formation et la transformation de l’ordre international mondialisé qui s’est établi depuis 1500 de notre ère. Le sociologue Quijano désigne ainsi les manières occidentales de connaître et de savoir qui, revendiquant l’universalité dans toutes les disciplines majeures, en particulier théologiques, scientifiques, philosophiques et esthétiques, confisquent simultanément les plus importantes institutions de légitimation de ces revendications, nommément : l’Église, l’Université, le Musée, et les langues impériales européennes (l’italien, l’espagnol, le portugais, le français, l’allemand et l’anglais) ancrées dans le grec et le latin.
Avant 1500 de n. è., aucune domination n’était bâti sur, ni même soutenu par, une économie aussi massivement fondée sur l’expropriation terrienne, sur l’exploitation du travail et sur le réinvestissement du surplus sur les marchés transpacifiques et transatlantiques – un type d’économie, aujourd’hui planétaire, qui est connu sous le nom de « capitalisme »
Aujourd'hui, le concept de colonialité a l’avantage de replacer le racisme vécu par tout un secteur de la population en Europe (mais aussi mondialement), dans le temps long de l’histoire, afin de le comprendre de façon plus globale qu’uniquement comme une question individuelle, ou seulement comme un acte hostile envers une personne particulière. Le concept de colonialité, qui naît des réflexions de personnes migrantes ou issues des migrations qui pensent leur position dans le monde, tente donc de mettre en relation l’expérience vécue, les mouvements sociaux et le travail de théorisation.
La décolonialité et la re-surgence des savoirs destitués
L’objectif du concept de colonialité est de proposer des voies pour la décolonialité. Il propose implicitement un projet politique, celui de mener à bien la décolonisation inachevée du monde. Ce qu’obtinrent les soulèvements des différents peuples qui cherchaient à se libérer de la gestion impériale des ressources, du savoir et l’organisation politique, c’est la mise au jour d’un puits d’idées, d’arguments et de concepts qui ont précédé, accompagné et suivi ces luttes et qui les inscrivent dans une généalogie puissante de pensées et de transformations subjectives propres aux peuples libérés. Cette généalogie donne aujourd’hui, de la puissance à tant de luttes pour la libération des savoirs. Faire la généalogie de la pensée décoloniale, c’est accéder à toutes sortes d’énergies émotionnelles, intellectuelles et matérielles qui mobilisent aujourd’hui les corps – énergies qui ont émergé en même temps que la révolution coloniale lorsqu’elle établissait les fondations du monde moderne/colonial dans lequel nous vivons aujourd’hui.
Une des urgences de la pensée décoloniale passent par les créations et reconstitutions locales du pluriversel, à l’échelle planétaire, des praxis de vie, des langages et des mémoires locales destituées par l’idée eurocentrique de modernité. La colonialité étant le côté sombre de la modernité, l’enfer de la colonialité étant toujours partout, des décolonialités planétaires pluriverselles lui sont et lui seront toujours des réponses nécessaires et inévitables.
SUJETS TRAITÉS (Plénière et Ateliers)
- Les débats intersectionnels en faveur d'une décolonialité assumée
- Décolonialité: une confusion lexicale ?
- Apports des savoirs destitués pour une réelle décolonialité: Comment l'animer aujourd'hui ?
- Réussir la décolonialité: Quelles solidarités entre peuples historiquement victimes de colonialité?
06 Mai 2025 à 15H00 (UTC)
15h à 17h UTC/Temps universel coordonné
10h-12h Québec, 15h -17h Guinée/Côte d’Ivoire/Burkina Faso
16h-18h Maroc/Belgique/France/Bénin/Cameroun/Congo
Animation : Théophile YONGA et Edmond GOUANA
Appui technique (incluant l’enregistrement de la rencontre) : Radio Ter & Radio RéSIS
Prise de notes /actes : Osliane DENKGO – Lino MEDJE MARQUE